De Caucinus ( petit plateau herbu en zone rocailleuse) repéré en 998 à … ChausinesChauzinesChoisinès

Blason

Le blason des Choisinets

Le premier seigneur semble avoir été un Borbal ou Bourbal des Choisinets qui entra dans l’histoire du Haut Allier en 1384 lors du siège du château de Luc(cf.site) par une troupe d’anglais.

De marquisat en métairie, le domaine se transforme et en 1848 le propriétaire sans enfant, Mr Bonnefille confie le lieu à un prêtre de Langogne qui crée un orphelinat. Il est épaulé par la suite par les frères des écoles chrétiennes qui transforme le site, ajoutant au milieu du 19ème siècle le grand bâtiment de trois étages, puis l’église qui officiera jusqu’au milieu du 20ème siècle, l’ensemble donnant au lieu sa configuration actuelle.

Un premier incendie ravage une partie du domaine en 1904.

Les frères sont forcés de quitter les lieus en 1908 suite à la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat.

L’orphelinat ferme. Le domaine est mis en gérance puis vendu.Il est exploité jusqu’à un second icendie le 30 juin 1926.

Seul le toit de l’église est reconstruit grâce à une collecte auprès des paroissiens.

L'église

Depuis le lieu attend sa renaissance.

Plusieurs associations se sont investies sur le site sans succès.

Le troisième millénaire semble voir de nouveaux éveilleurs déambuler dans ses ruines pour en transformer l’énergie et l’accompagner vers sa renaissance.

Y réussiront – ils?

HISTORIQUE plus complet.

Le domaine des Choisinets apparaît sur une monenclature des possessions dont les seigneurs de Randon (cf site) avaient fait successivement hommage à l’évêque du Gévaudan de 1134 à 1370. En l’an 1286, Odilon de la Garde reconnaissait à Guillaume de Randon tout ce qu’il possédait au mas de Chauzines ( Choisinets), paroisse de St Flour de Mercoire (cf site).

Pour la période de la guerre de Cent ans, l’histoire a retenu le nom de Borbal de Chausines qui, avec l’aide des chevaliers de Polignac et d’Agrain des Ubas et de quelques gentilshommes, mirent en déroute un parti anglais, venu mettre le siège devant le petit fort de Luc qui gardait la route de la Haute Auvergne sur la Régordane (cf.site).

A partir de 1500, le patronyme de Bordal (ou Bourbal) se fondait dans le nom de la seigneurie. C’est à partir de 1530 environ , avec Balthazar de Chausines, bourgeois de Langogne, que l’on peut établir une filiation avec certitude.

En 1650 Claude François de la Tour fait édifier la tour ronde.

En 1690, Christophe de la Tour cède son entière seigneurie à François Annibal de Congueral, colonel de régiment des Dragons du  Dauphin, puis par héritage à la famille de Crussol, Pierre Emmanuel, maréchal de camp des armées du roi.

En 1789, la Révolution disloqua la seigneurie. En 1794, Henriette de Crussol confia ses intérêts à Charles Mathieu, homme de loi de Langogne. A son décès, les biens sont partagés entres ses deux frères  ( Les choisinets représentent alors un capital estimé à 180.000 francs, répartis en 5 domaines). C’est au décès du dernier frère, Emmanuel de Crussol, que les domaines non entretenus sont mis en vente faute aussi d’habitant au château.

« C’est alors qu’interviennent les habitants des Choisinets qui s’opposent à cette vente. Ils prétendent avoir droit sur la moitié de la partie rurale du domaine, en vertu d’une tradition qui leur permettait de faire paître leurs troupeaux de moutons avec ceux qui montaient du midi en estive. Il fut constaté en justice que, en réalité, la moitié du domaine seulement était noble. Par un jugement du 10 novembre 1835, le tribunal de Mende ordonnait un partage en deux lots des propriétés représentant une superficie de 227 ha 16a 57ca pour une estimation de 27.700 francs. Deux lots furent composés d’égale valeur avec des contenances inégales. Les habitants recevaient 115ha 51a 73ca, et les héritiers111h 64a 84ca. » ( cf. p26-27 de « Les Choisinets (Lozère) – un château, un orphelinat - » de André AUBAZAC. Histoire régionale)

Le 25 septembre 1840, un mandataire agissant au nom de l’héritière, Madame Claire Jeanne Rosaline de Chantal de Villeneuve de Vence, vendait au sieur Antoine Bonnefille, agriculteur de Lestévenès, le domaine de Choisinets composé :

* d’ un ancien château , vielle masure en forme de tour

* d’une maison occupée par la garde

* d’un corps de bâtiments ruraux et d’un petit moulin à une seule roue

* de prairies, pâtures, champs et autres terres en friches soit 111 hectares 64 ares et 84 centiares

* et de 26 hectares 47 ares d’un bois de hêtres

Sans enfant , Antoine et Marie Anne Bonnefille abandonnent le domaine à l’abbé Antoine Favier de Langogne pour créer un orphelinat ( circulaire de l’évêque de Mende du 1er novembre 1851 ) cf.texte. Le 6 novembre 1859, trois frères des Ecoles Chrétiennes viennent seconder l’abbé Favier pour encadrer les 33 pensionnaires qui étaient déjà là. L’acte de donation  aux Frères est daté du 11 novembre 1860. Les ressources de l’orphelinat provenaient de l’exploitation de la propriété agricole et des revenus de la ferme , des coupes de bois et des dons de bienfaiteurs. Il y eut jusqu’à 49 pensionnaires en 1887.

De 1863 à1867 : construction de l’église. En 1865, les 3 cloches ( dont une payée par Antoine Bonnefille )  arrivent de Clermont Ferrand jusqu’à  Brioude par le train et c’est en charrette qu’elles sont amenées  à l’église. En 1871, on construit les deux flèches du clocher. En 1880, on fait remonter les cloches qui étaient tombées, parce que le bois sur lequel elles étaient fixées était déjà pourri.

De 1865 à 1867, un local fut construit pour les soeurs de St Etienne de Lugdarès qui supervisent alors l’infirmerie, la lingerie, la buanderie et les animaux de la basse-cour.

En 1877, le directeur se plaint d’un nombre de pensionnaires disproportionné aux ressources de l’orphelinat. Il y eut des pourparlers avec le père abbé de ND des Neiges (cf.site) pour lui céder l’exploitation. L’opération échoua.

La loi du 7 juillet 1904 ferma les écoles tenues par les frères . L’orphelinat fut considéré comme une école. En juillet 1908 parut l’arrêté de fermeture. Le temps de placer les enfants, le 3 décembre 1908, les frères remirent les clefs à l’agent envoyé pour liquidation. Les frères ont du fuir « les mains dans les poches vers l’Espagne ». Un couple de gérants, les Richard, sont installés aux Choisinets.

Le 24 août 1904, un incendie détruisait les écuries et les granges. Les bâtiments bien assurés furent refaits. Les biens sont confiés à Mr Veuzon de Langogne. ( 50 ouvriers y travaillent, certains logeant sur place dans les dortoirs).

Puis le domaine est cédé, au cours d’une vente judiciaire en 1922, à Mr Thérond, marchand de bois à Langogne.

De 1909 à 1926, L’évêché de Mende  a tenté de préserver au moins la propriété du lieu de culte mais en vain car trop de dettes à payer.

Le 30 juin 1926, un incendie se déclare en cuisine et ravage l’ensemble des bâtiments sauf la ferme. Grâce à une collecte , seul le toit de l’église sera reconstruit.

En 1927, Joseph Théron vendit l’église à l’Association Diocésaine de Mende , qui elle même s’en dessaisit en 1975 au profit de Mme et Mr Blaise. Ces derniers la vendirent en1983 à l’Association d’Education Populaire « L’espérance et la foi ».

Le château, propriété des époux Cellier, fut céder en ruine en 1962 à l’Association d’Education Populaire « Le Castel ».

En 2003, l’Association » le Choisinaît«   devient propriétaire de l’ensemble du domaine.

Quelques dates de travaux et de construction à partir de la direction des frères en 1859

* 1864 :  construction  des 2 ailes de la ferme et du hangar qui les joint

* 1866 : construction de la maison des soeurs et leurs dépendances

* 1867 : achèvement de l’église commencée en 1863

* 1868 : construction du four, de la forge, de la porcherie et de la fontaine de la cuisine

* 1869 : importantes réparations  des classes , des réfectoires et de tout le rez-de-chaussée

* 1870 : lavoir et bassin du jardin

* 1871 : construction des 2 clochers et des murs de soutènement du jardin

* 1872 : pavage de la cour de la ferme

* 1873 : construction de la maison d’école, des digues et badigeonnage de l’église et du plafond du dortoir

* 1874 : moulin et tribune de l’église

* 1875 : contreforts de l’église

* 1876 :  maison du meunier

* 1879 : agrandissement du cimetière et  du caveau

* 1894 : 72 contrevents en fer

* 1896 : construction de la remise des chars et voitures

* 1897 : bâtiments de la ferme

* 1905 : hangar à l’usage des soeurs

Livres de référence qui ont servis à écrire cet historique:

« Les Choisinets (Lozère) – un château,un orphelinat - » de André AUBAZAC. Histoire régionale.

« Langogne en Gévaudan » de Félix Viallet

« Les Choisinets et leurs seigneurs  » de Serge Jannuel. Lire le texte de Serge Jannuel

Grands mercis à ces auteurs

Les FRÉRES de l’ÉCOLE CHRÉTIENNE

1850-1908

Joseph Montanier, frère des écoles chrétiennes et originaire du canton de Langogne nous a fait parvenir le texte comprenant des extraits de « Notice biographique sur l’Abbé Antoine Favier  » par l’Abbé Ollier (Paris Poussielgue, 1875).

Joseph Montanier nous a aussi transmis cette photo ci-jointe:

maison des soeurs

Le frère Alain Houry des archives Lasalliennes nous a transmis la photo suivante

Choisinets_vue générale

ainsi que les extraits suivants du « Bulletin des écoles chrétiennes » ( bulletin n°3 de juillet 1909):

L’orphelinat de 1850 à 1859
L’orphelinat de 1859 à 1908 et ( aussi p207 )

Frère THOMAIDE, 1er directeur,  y resta 27 ans.

frère thomaïde

Frère PAPIEN, né à Rouret en 1813 et décédé en 1894 aux Choisinets, fut le 1er sous directeur.

Les frère NARCEAU(1818 Grandrieu-1872 Choisinets) et frère NÉRÉE (1819 Chasseradès-1872 Choisinets) firent partie des premiers frères des Écoles Chrétiennes, après avoir été simples ouvriers auprès de l’abbé Favier.

Le  frère NÉPOTIEN, représentant la colonie agricole des Choisinets, a été récompensé à l’exposition universelle  internationale de Paris en 1900. Il fut le dernier directeur.

voir archives proposées par frère Alain Houry

Quelques photos extraites des Archives départementale de Lozère

Ce sont 2 vues « plaque de verre » 1848/1849 clichés de Marius Robert

vue générale plaque de verre 1848-1849 cliché Marius ROBERT

vue ruines 1948- 1949 pla copie

et lire l’article d’André Aubazac